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Jeudi, 27 mai, 2021

Rencontre avec Raphaël de Villers

Nos vitrines ont du talent!

Les trois boutiques WHITE bIRD ont été conçues par Stéphanie Roger comme des écrins où l’on prend le temps de regarder, se faire conseiller, choisir de grands ou petits trésors provenant du monde entier. Et les vitrines emplies de merveilles, telles des fenêtres donnant sur la rue, sont régulièrement renouvelées pour que les bijoux rayonnent aussi de leur lumière à l’extérieur. Pour Stéphanie, seul un artiste sensible et talentueux pouvait les rendre élégantes et attractives. Défi relevé par Raphaël de Villers qui, selon ses mots, leur a conféré de la vivacité (ce dont nous sommes très fiers). 

Voici son portrait à travers cette interview.
Merci à lui et chapeau l’artiste !

1. Raphaël, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis né dans une ferme en Champagne, à Sezanne pour être précis (prédestiné pour un artiste, non ?). Mon père était agriculteur. Avec ma mère, ils m’ont toujours encouragé lorsqu’ils se sont aperçus que j’adorais dessiner d’abord, peindre puis rassembler des objets de toutes sortes que je transformais en permanence. Après avoir passé mon bac, j’ai fait des études générales de Lettres et d’Histoire puis Sciences-Po, Paris. Ensuite, j’ai intégré l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dans les ateliers des artistes de Jean-Michel Alberola et de Christian Boltanski. Puis, j’ai créé des œuvres en céramique que j’expose à la galerie Patricia Dorfmann, à Paris.

2. Comment avez-vous rencontré Stéphanie Roger ?
Par l’intermédiaire de la femme de mon frère, Agnès de Villers, j’ai fait la connaissance de l’éditeur de parfum Frédéric Malle qui m’a proposé la décoration des vitrines de ses boutiques, dont celle de la rue du Mont-Thabor. Et, en prenant du recul dans la rue, pour me rendre compte de l’effet que produisaient mes décors, j’ai fait la connaissance de Stéphanie Roger. Il faut dire qu’avec mon vélo chargé de toutes sortes d’objets et d’outils, je ne passe pas inaperçu ! De plus, je regardais déjà les vitrines de WHITE bIRD en face, dans mon intérêt pour les formes et le lien entre la joaillerie et la sculpture.

3. Quel est votre rapport aux objets ?
Je parlerai des objets et des formes. Je les aime et les manipule depuis mon enfance. Je les collecte sur mon chemin : en Champagne, à Paris, sur le sol, dans la rue, sur des chantiers, dans les bois, les champs… partout où ils apparaissent. J’ai ainsi récupéré des briques de verre sur un chantier d’hôtel non loin de la boutique rue du Mont-Thabor. Disposés dans les vitrines, on aurait dit des icebergs aux tons bleu pâle. Ensuite, je les entrepose et les observe dans la ferme-atelier où je travaille, quand je ne suis pas en voyage. Ces objets qui me servent peuvent être naturels (bois, branches, végétaux, galets, coquillages, cailloux…) mais sont aussi parfois du verre, des outils, ou des dalles de pelouse artificielle, matériaux que je trouve sous toutes leurs formes et dans le monde entier. J’y associe parfois des objets d’art, œuvres d’autres artistes ou morceaux d’antiquité constituant un grand cabinet de curiosités. Je me considère comme un chasseur-cueilleur et suis perpétuellement aux aguets. 

4. Comment travaillez-vous ?
Je nettoie les objets que je trouve. Il m’arrive de les transformer, de les souder. Et parfois même, de retirer des bouts de bois qui brûlent d’une cheminée si je les trouve beaux. Au sens propre comme au sens figuré, je fais feu de tout bois. À Paris, où je vis une partie de mon temps, je les stocke dans une cave. Mon premier emploi, juste après les études aux Beaux-Arts, était d’être le factotum (c’est-à-dire homme à tout faire) pour un artiste-entrepreneur qui construisait des structures éphémères pour des évènements, des foires, des salons. J’ai toujours aimé les relations commerciales et la rapidité dans le travail, avoir une échéance.

5. Comment envisagez-vous les vitrines des boutiques WHITE bIRD ?
Dès que j’ai réuni des objets et des matériaux qui m’émeuvent, je les assemble sur place et compose mes décors dans les boutiques in-situ car je veux prendre en compte le rapport d’échelle avec les bijoux, les volumes de l’architecture et la lumière. Je suis très sensible à la dimension éphémère qui est très présente dans mes décors de vitrines chez WHITE bIRD. J’accorde une grande importance aux saisons, à la lumière, à l’espace entre les objets et au rythme. C’est davantage le geste de fabrication et de composition qui m’intéresse que la minutie. Le rendre visible, parfois brute ou même brutal mais toujours assumée comme les films du cinéaste allemand Rainer-Werner Fassbinder. Pour moi, les vitrines extérieures et intérieures dont je connais les volumes doivent être fonctionnelles et totalement au service des bijoux et des vendeuses. Elles ne doivent ni empiéter sur les bijoux ni entraver leur manipulation. Au fond, je les mets au service du bijou mais n’y voyez pas d’humilité de ma part, c’est simplement de la compréhension du métier.
Pour les trois boutiques parisiennes de WHITE bIRD, je tiens à assurer une unité stylistique. Je fais des essais de matières et de couleurs de fonds parce que je suis aussi peintre ce qui me permet de faire ressortir l’or, l’argent ou les pierres. Je propose au spectateur une narration ou même un choc poétique, une émotion.

6. Parlez-nous, s’il vous plaît, de vos relations professionnelles avec Stéphanie et son équipe.
Avec Stéphanie, je partage le même langage et la même culture. Nous sommes de la même génération. Et je tiens à souligner qu’elle me permet, avec les directrices de boutique, beaucoup de liberté dans le geste artistique tout en prenant des risques, en acceptant des propositions audacieuses. De plus, je ne suis pas l’unique designer de décors de WHITE bIRD. Même si j’en suis le principal.

7. Vous avez également réalisé des mobiles pour la boutique WHITE bIRD du Marais, pouvez-vous nous en parler ?
Nous souhaitions rendre cette boutique visible de l’extérieur. Comme elle est très haute, j’ai réalisé des mobiles en suspension qui ont eu pour effet d’attirer les regards non seulement des passants sur le boulevard mais aussi depuis les voitures ou les bus.

8. Quelles autres vitrines vous inspirent ?
J’aimais beaucoup les vitrines de la maison Sonia Rykiel, boulevard Saint-Germain à Paris. Je les trouvais élégantes et inspirantes. J’aime aussi celles d’Isabel Marant et de Jérôme Dreyfuss. Elles me font rebondir. Ce qui me fait dire que mes limites ne sont pas atteintes.

9. Pouvez-vous nous parler de vos rencontres professionnelles ?
Mes meilleurs souvenirs des Beaux-Arts de Paris, je les dois aux amis que j’y ai rencontré. Tout comme à la Manufacture de Sèvres où j’ai été en résidence, durant deux ans, entre 2010 et 2012. Et puis aussi les rencontres dans les ateliers où j’ai travaillé en France et en Autriche.

10. Qu’est-ce que vous aimez dans la nature ?
J’aime beaucoup les oiseaux. J’en ai créé en porcelaine ou en papier mâché. Et tout ce qu’elle produit de végétaux qui me servent dans mes décors. Évidemment, c’est là que je trouve, lors de promenade: le bois, les champignons, les os, les plumes… Je suis tout le temps dehors ce qui explique que j’ai souvent bonne mine !

11. Quels sont les voyages qui vous ont marqué ?
Aux Beaux-Arts, j’ai bénéficié d’une bourse pour faire un voyage de sept mois à Baroda, en Inde. En 2005, j’ai suivi mon amie, Clémence Van Lunen, sculptrice, à Jingdezhen, la capitale de la porcelaine en Chine. Là-bas, j’ai travaillé la céramique et l’émaillage c’est-à-dire la couleur dans la manufacture d’un artiste chinois. J’y suis retourné une à deux fois par an pendant huit ans. Par la suite, j’ai exposé mes œuvres dans de galeries françaises, belges et ailleurs en Europe. L’Italie est une autre destination qui me fait chavirer. Les lumières, les couleurs de ce pays et les sites archéologiques me passionnent.

12. Parlez-nous des musées et de l’art. Quels sont vos courants préférés ?
J’aime aller au musée pour dessiner, je remplis beaucoup de carnets de dessins ! Mes centres d’intérêt sont les sculptures, l’archéologie, l’art médiéval, les Etrusques et l’Arte Povera. J’aime aussi beaucoup les livres d’art.

13. Quel est votre rapport à la liberté et à la création ?
Je veux pouvoir changer d’avis et composer jusqu’au dernier moment. J’aime l’idée d’avoir un coup d’avance avec les matériaux : ciment, plâtre, bois… c’est-à-dire de les stocker pour préparer des décors car je ne fais pas de production. Je mets en forme sur place.

Mini-Portrait chinois: 
Si vous étiez un bijou, ce serait : une torque en or gauloise
Une fleur, ce serait : une tulipe perroquet rouge et jaune
Un plat, ce serait : une omelette aux herbes sauvages
Une oeuvre d’art, ce serait : une urne anthopomorphe étrusque
Un auteur, ce serait : Thomas Bernhard 
Un artiste, ce serait : un sculpteur médiéval
Un pays, ce serait : l'Inde
Un animal, ce serait : une pie
Un sport, ce serait : le vélo

Merci Raphaël 

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