Spécialiste de la joaillerie de créateurs à Paris.
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RENCONTRE PRECIEUSE : LENA SKADEGARD

Souvenirs d’enfance, inspirations, influences … Lena Skadegard se confie à WHITE bIRD le temps d’une interview. La créatrice est née aux Etats-Unis d’un père danois et d’une mère originaire du Cachemire. Après des études de philosophie et d’art et une expérience de dessin 3D à New York, elle parcourt le monde forgeant sa curiosité et son goût pour les matières précieuses que nous offre la nature.
Ses collections sont le reflet de l’histoire et de la culture artisanale des pays entre lesquels elle partage son existence et qui ont aiguisé sa sensibilité. De l’Inde, du Cachemire ou de la côte nord du Danemark, elle apprécie particulièrement la beauté des pierres, des coquillages, des fossiles qui constituent la base de ses créations. Ses bijoux artisanaux sont ensuite fabriqués très simplement à l’aide de techniques traditionnelles empruntées aux cultures variées qu’elle rencontre dans ses voyages.

Un bijou qui vous rappelle votre enfance ?

Les bracelets en verre de ma mère, qui tintaient dès qu’elle se déplaçait. Elle les accumulait et portait un gros collier qui ressemblait à une fleur de courge ou bien des pièces sculpturales des années 70 que mon père lui avait offert. Il avait une vraie sensibilité en ce qui concernait les bijoux et nous rapportait toujours des pièces poétiques de ses voyages. Je trouvais ces bijoux lourds et les mettait de côté, comme si je savais qu’ils auraient un jour un sens. Ils en ont un aujourd’hui. Je les porte et apprécie leur esprit 70’s et leur exquise étrangeté, très « expressionisme abstrait » et fantaisiste.

Lena

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Quelle est la première pièce que vous avez créée ?

J’assemble et je démonte des bijoux anciens et antiques depuis mon plus jeune âge. A l’époque, j’aimais déjà les pièces et la possibilité d’assembler harmonieusement des morceaux différents. Tout tenait dans un coffre en laiton gravé, doublé de velours et aux multiples compartiments pour : les pièces vintage en argent, les boucles d’oreilles en or de ma grand-mère cachemirie, des trésors scandinaves uniques en leur genre, des bricoles dénichées dans les marchés aux puces de New York… J’ai commencé à faire des colliers en perles en 1983 en combinant de l’argent ancien provenant de colliers indiens tribaux à des petites perles de couleur en verre. J’ai fini par les vendre aux concerts de Grateful Dead.

LENA

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Quelle est votre pierre favorite et pourquoi ?

La turquoise – la pierre que j’aimerais être. Je pense qu’une pierre est comme une amie. J’ai toujours porté des turquoises, je les ai toujours recherchées. Elles m’obsèdent !

 

Une pièce dont vous ne vous passez jamais ?

Trois anneaux en or rose empilés les uns sur les autres, tous agrémentés d’une émeraude mais de différentes formes : une goutte, un carré et un ovale. J’adore également porter d’autres designers. Nous sommes une communauté d’artistes et chacun enrichit le travail de l’autre par la collaboration, intentionnelle et arbitraire.

Quels sont vos créateurs de bijoux favoris ?

Tous les artistes d’ornement originaux, les chasseurs de trésors et les créateurs qui réalisent des bijoux avec une imagination, une compétence, un dévouement et une intention phénoménales. Souvent décrits comme naïfs ou artisanaux mais je dirais plutôt sophistiqués dans le sens où ils ne sont pas égocentriques et incarnent la générosité de l’art réel : peut être paraphé mais non signé, significatif, beau et créé pour devenir une extension de celui qui porte le bijou – un marqueur d’identité, un talisman, un message, une parure, une profession de foi, une lutte pour la beauté, pour la légèreté et la visibilité…

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Vos influences les plus marquantes en matière de design ?

La nature en premier évidemment. C’est elle qui fournit les pierres et la palette de couleurs qu’elle propose alimente ma passion à combiner et jouer avec les couleurs. La nature mais aussi les histoires d’ornement de toutes les cultures et l’incorporation d’éléments naturels. Nous transformons les feuilles, les guirlandes de fleurs et les tiges de pissenlit en guirlandes de pierres et en chaines.

Qu’écoutez-vous dans votre atelier ?

Radio classique Taj Mahal, Bob Dylan, Joni Mitchell, Nikolaj Hess Trio, Mozart … du jazz, du classique, du folk, du rock des années 70… un peu de tout.

Bob Dylan Studio Portraits Side Light: 1965-330-007-082 Manhattan, New York, USA 1965

Mozart

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Si vous n’étiez pas designer de bijoux, qu’auriez-vous fait ?

Je peindrais et concevrais des meubles. Je crée déjà mes propres vêtements et ma literie. Chercher des textiles intéressants est une passion et un passe-temps délicieux contrairement au pigment solidifié de pierres.

Une ou des personnalités réelles ou imaginaires qui vous inspirent ?

Cela change tout le temps. Je suis bouleversée par ceux qui devraient être connus… par des histoires quotidiennes de courage et de conviction. Les révolutionnaires de la compassion. Les humanistes sans peur. Ceux qui discrètement font preuve de gentillesse, viennent en aide, manifestent de l’amour face à la condition humaine et la souffrance de tous les êtres.

Une destination qui vous fait rêver, un pays où vous rêveriez de vous installer ?

Aujourd’hui je dirais le Cachemire (car ça me manque), la grande île d’Hawaii, l’Inde du Sud, Palm Desert… demain le Vietnam, l’Irlande, la lune, les Galápagos, un onsen japonais dans la neige, Tamil Nadu, Corfou… J’adore les printemps chauds, la côte danoise, la montagne… Puiser l’eau de la rivière et pique-niquer à même le sol. Et la maison. Qui est partout.

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Crédits photos : Lena Skadegard et Dara Artisans


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